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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 18:57

 

A Samarkand, ancienne capitale de Tamerlan, le Shâh-i Zinda est un ensemble de mausolées timourides, construits entre la fin du XIVe siècle et la première partie du XVe siècle autour de la tombe attribuée à un saint du VIIe siècle, Qutham ibn Abbâs. Edifié au XIe siècle, le mausolée du saint devint l'objet d'un pèlerinage régulier, et après l'abandon temporaire du site après l'invasion mongole qui détruisit entièrement l'ancienne Samarkand, la famille timouride fit construire plusieurs mausolées et édifices, principalement sous le règne de Tamerlan mais aussi sous celui du petit-fils du conquérant, Ulugh Beg. 

 

Les mausolées sont alignés le long d'une allée, construits sur une pente dans la partie inférieure du complexe. Trois portails ou espaces voûtés (chârtâq ou tchortok) ponctuent cette rue funéraire : un grand portail d'entrée dominant la route, un second au sommet de l'escalier, un troisième situé entre le complexe de Tuman Aqa et le sanctuaire du saint. Si l’architecture des mausolées est immuablement une salle à coupole, leur décoration est en revanche d’une variété et d’une qualité extraordinaires : c’est là que se trouvent quelques-unes des plus belles œuvres en céramique émaillée de l’Asie centrale et de l’art islamique.  

 

Au long du XXe siècle, et jusqu'au tout début des années 2000, le Sâh-i Zinda avait fait l'objet de restaurations intelligentes et soignées, peu interventionnistes. Mais en 2005, et pendant quelques mois, des "restaurations" sauvages ont conduit à refaçonner entièrement le site : des dômes ont été construits sur des mausolées qui les avaient perdus, des céramiques anciennes ont  été partiellement enlevées et remplacées par des nouvelles, des surfaces nues (intérieures aussi bien qu'extérieures) couvertes de décors nouvellement créés. De passage dans le site en automne 2005, je me souviens avoir vu nombre d'ouvriers travaillant parfois frénétiquement, à la pioche surtout, sans soin ; je me souviens également avoir vu des plaques de tôle couvrant négligemment (pour les protéger ?) des cénotaphes, des giclures de plâtre sur les délicats décors à l'or du mausolée anonyme n° 2 (mausolée n° 5 sur le plan ci-dessous), des plaques de céramique anciennes entreposées verticalement dans un large sac, posé sur le sol d’une salle du complexe de Tuman Aqa. Le résultat, je l’ai découvert en 2006 : un site devenu clinquant et artificiel, où les témoignages authentiques des XIVe-XVe siècles sont le plus souvent noyés par des réalisations tape-à-l’œil, aux couleurs mal choisies, criardes ou ternes, techniquement faibles et médiocres. Jusqu'à maintenant, il m'a été impossible d'en savoir plus sur cette opération (son mandataire, le bénéficiaire de céramiques enlevées et sans doute écoulées au marché noir). Mes contacts sur place étaient effondrés par ce qui se passait, mais n'étaient évidemment pas en mesure d’intervenir, cela d’autant plus que l’opération s’est déroulée très rapidement.   

 

Le dossier iconographique ci-dessous n'a pas d'autre but que de présenter quelques pièces permettant de juger des changements. On trouvera, outre des vues générales, des images des mausolées particulièrement transformés par ces interventions. Les photographies montrant l'état ancien du site, et qui apparaissent toujours en premier en dessous des titres, sont des diapositives prises entre 2001 et 2004 ; les photographies du site transformé sont des images numériques prises en 2007 et 2008. Le plan ci-dessous signale les trois portails et, par une numérotation, les mausolées dont il est question ici.

 

 

avec numéros

 

Source de l'image : Google Earth (droits réservés). 

 

 

Vue générale depuis la route

 

10A

 

10B

 

 

Vue de l'allée entre le 2e et le 3e portail dans la direction de ce dernier

 12A

 

12B

 

 

Vue de l'allée entre le 2e et le 3e portail (les mausolées à gauche et au centre correspondent aux mausolées n° 4 et 5 sur le plan)

 

11A

 

11B

 

 

Mausolées au-delà du 3e portail (mausolées n° 6 et 7 sur le plan)

 

13A

 

13B

 

 

Le mausolée de l'Emir Zade (mausolée n° 1 sur le plan)

 

16A

 

 

16B

 

 

Le mausolée de Shirin Biqa Aqa : portail  (mausolée n° 2 sur le plan)

 

24D

 

24E

 

 

Le mausolée de Shirin Biqa Aqa : le dôme (mausolée n° 2 sur le plan)

 14A-copie-1.jpg

 

14B

 

 

Le mausolée de Shirin Biqa Aqa : intérieur (mausolée n° 2 sur le plan)

 

24A

 

24B

 

Samarkand-Shah-i-Zinda-7103.JPG

 

24C

 

 

L'Octaèdre : extérieur (édifice n° 3 sur le plan)

 

22A

 22B

 

 

L'Octaèdre : intérieur (édifice n° 3 sur le plan)

 

23A

 

23B

 

 

Le mausolée d'Ostad Ali (mausolée n° 4 sur le plan)

 

19A

 

19B

 

 

Mausolée de Tuman Aqa (mausolée n° 6 sur le plan)

 

17A

 

17B

 

 

Mausolée d'un inconnu (mausolée n° 8 sur le plan)

 

20A

 

 

20B

 

 

Photographies : Patrick Ringgenberg

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A la croisée des routes reliant le Proche et l’Extrême-Orient, l’Iran a accueilli plusieurs religions sur son sol : le mazdéisme, transformé par Zarathoustra, le manichéisme, dont les diverses influences ont atteint l’Occident et la Chine, le judaïsme, qui a conservé plusieurs souvenirs de l’histoire antique de la Perse, le mithriacisme ou culte de Mithra, qui devint la religion des légions romaines, le nestorianisme, et le christianisme arménien, qui a fait de l’Arménie le premier État chrétien. Dès l’époque musulmane, l’Iran est devenu la terre des soufis et d’une extraordinaire floraison de la philosophie platonicienne et mystique. Au XVIe siècle, le chiisme, proclamé religion officielle, fit de l’Iran un monde à part dans l’Islam. Ce voyage exceptionnel vous invite à visiter les principaux sites sacrés qui ont façonné l’Iran des religions, de la ziggurat des Élamites au sanctuaire de l’Imam Rezâ à Mashhad, en passant par les présences subtiles du soufisme et les feux pérennes des zoroastriens.

TEHERAN – SUSE – CHOGHA ZANBIL – SHIRAZ – PERSEPOLIS – YAZD – ISPAHAN – KASHAN – TABRIZ – DJOLFA – MASHHAD  - BASTAM – DAMGHAN – QOM  (17 jours)

 

Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

 

 


L’Iran du nord-ouest : à la croisée des cultures et des civilisations

30 mai au 14 juin 2015

Moins connu que l’Iran du centre, l’Iran occidental est pourtant d’une grande richesse et diversité : églises arméniennes, vestiges antiques (ourartéens, sassanides), forteresses imprenables, témoignages précieux et spectaculaires des Mongols et des Turcomans. Ce voyage permet de découvrir des jalons historiques majeurs dans cette zone de partage entre plusieurs cultures (arménienne, turque, persane), au long d’un itinéraire allant des magnifiques paysages d’Azerbaïdjan à Téhéran.  

TABRIZ – ORUMIYEH – MAKU – MARAGHEH – TAKHT-E SULEYMAN – ARDABIL – ZANDJAN   –SOLTANIYEH – QAZVIN – ALAMUT – TÉHÉRAN  (16 JOURS)


Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

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