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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 08:48

 

HUSHANG 

 

(Son règne dura 40 ans.)

 

Hushang, le maître du monde, le prudent, le juste, mit la couronne sur sa tête à la place de son grand-père, et le ciel tourna pendant quarante ans sur sa tête. Son esprit était plein de prudence, son cœur plein de justice. Il s’assit sur le siège de la puissance, et parla ainsi du haut de son trône impérial: «Je suis le roi des sept zones, victorieux et dominant sur toute la terre ; je me suis ceint étroitement de justice et de bonté selon l’ordre de Dieu, qui donne la victoire. » Depuis ce moment, il se mit à civiliser le monde et à répandre la justice sur toute la terre. D’abord il découvrit un minéral, et sut par son art séparer le fer de la pierre ; il se procura pour matière le fer brillant, qu’il tira ainsi de la pierre dure ; et lorsqu’il eut connu ce métal, il inventa l’art du forgeron pour fabriquer des haches, des scies et des houes. Ensuite il s’occupa de distribuer les eaux; il les amena des rivières, et en fertilisa les plaines; il ouvrit aux eaux des courants et des canaux, et acheva en peu de temps ce travail par sa puissance royale. Lorsque les hommes eurent acquis de nouvelles connaissances, celles de semer, de planter et de moissonner, alors chacun prépara son pain, sema son champ et en marqua les limites. Avant que ces travaux fussent entrepris, on n’avait que les fruits pour se nourrir. Mais la condition des hommes n’était pas encore bien avancée, ils n’avaient que des feuilles pour se couvrir.

 

INTRODUCTION DE LA FÊTE DU FEU

 

Nos pères avaient un culte et une religion, et l’adoration de Dieu était en honneur. Comme les Arabes se tournent dans leurs prières vers une pierre, on se tournait alors vers le feu à la belle couleur. Le feu, qui était dans la pierre, en sortit pour répandre son éclat dans le monde. Un jour, le roi de la terre parcourait la montagne avec quelques hommes de son peuple. Ils virent de loin quelque chose de long et d’obscur, un corps noir qui se mouvait avec rapidité. Sur sa tête brillaient deux yeux, comme deux fontaines de sang ; le monde devint noir par la fumée de sa gueule. Hushang le regarda avec prudence et attention, il prit une pierre et s’avança pour le combattre. Il lança la pierre de sa force de héros, et le serpent qui brûlait le monde s’enfuit devant le roi, qui cherchait la possession de la terre. La petite pierre frappa sur une grande, l’une et l’autre furent brisées, mais une étincelle jaillit du choc, et son éclat rougit le cœur de la pierre. Le serpent ne fut pas tué, mais le feu était sorti de la pierre où il était caché ; et aussi souvent que quelqu’un frappait une pierre avec du fer, il en jaillissait une étincelle. Le roi du monde fit des prières devant le Créateur et chanta ses louanges, parce que Dieu lui avait ainsi donné l’étincelle, et il ordonna que dans les prières on se dirigerait vers le feu en disant : «C’est l’étincelle donnée de Dieu ; adore-le, si tu es sage. » Et lorsque la nuit vint, il alluma un feu haut comme la montagne, le roi avec son peuple l’entourèrent, et firent une fête de cette nuit, en buvant du vin. Sadeh est le nom qu’il donna à cette fête brillante, et elle reste encore comme un souvenir de Hushang. Puisse-t-il y avoir beaucoup de rois tels que lui ! Il se plaisait à civiliser les hommes, et sa mémoire est restée chérie parmi eux. Avec le pouvoir que Dieu lui avait donné, et avec sa puissance royale, il se mit à séparer les bœufs, les ânes et les moutons, des onagres et des élans indomptables, et mit à profit tout ce qui pouvait être utile. Le sage Hushang ordonna de les réunir par paires ; il s’en servit pour cultiver la terre, pour faire des échanges et pour entretenir la splendeur de son trône. Il tua et dépouilla de leurs fourrures les animaux errants dont le poil était bon, comme les hermines, les martres ou le renard à la fourrure chaude, enfin la zibeline aux poils soyeux, et il fit ainsi avec les peaux des animaux des vêtements pour le corps des hommes. Il avait donné et répandu, il avait joui et confié ; il mourut et n’emporta avec lui qu’un nom honoré. Il avait achevé beaucoup de travaux dans sa vie à l’aide d’enchantements et de pensées sans nombre. Lorsqu’il passa à une meilleure vie, il laissa vide le trône du pouvoir. Le sort ne lui avait raccordé qu’une courte existence, et Hushang, ce roi plein de prudence et de majesté, mourut. Le monde ne s’enchaînera pas à toi avec amour, et il ne te montrera pas deux fois sa face.

 

Extrait de : Abou’lkasim Firdousi, Le livre des rois, traduit et commenté par Jules Mohl, tome 1, Paris, Imprimerie nationale, 1876, p. 25-28.

 

Note : les transcriptions de Jules Mohl ont été le plus souvent modifiées.

 

 

Pour une introduction au Livre des rois

 

Pour un résumé du Livre des rois

 

Pour en savoir plus sur le Livre des rois

 

Petit glossaire du Livre des rois

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 10/04/2012 13:23

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Voyages en Iran

 


L'Iran des Religions : du zoroastrisme aux soufis

26 septembre au 15 octobre 2015

A la croisée des routes reliant le Proche et l’Extrême-Orient, l’Iran a accueilli plusieurs religions sur son sol : le mazdéisme, transformé par Zarathoustra, le manichéisme, dont les diverses influences ont atteint l’Occident et la Chine, le judaïsme, qui a conservé plusieurs souvenirs de l’histoire antique de la Perse, le mithriacisme ou culte de Mithra, qui devint la religion des légions romaines, le nestorianisme, et le christianisme arménien, qui a fait de l’Arménie le premier État chrétien. Dès l’époque musulmane, l’Iran est devenu la terre des soufis et d’une extraordinaire floraison de la philosophie platonicienne et mystique. Au XVIe siècle, le chiisme, proclamé religion officielle, fit de l’Iran un monde à part dans l’Islam. Ce voyage exceptionnel vous invite à visiter les principaux sites sacrés qui ont façonné l’Iran des religions, de la ziggurat des Élamites au sanctuaire de l’Imam Rezâ à Mashhad, en passant par les présences subtiles du soufisme et les feux pérennes des zoroastriens.

TEHERAN – SUSE – CHOGHA ZANBIL – SHIRAZ – PERSEPOLIS – YAZD – ISPAHAN – KASHAN – TABRIZ – DJOLFA – MASHHAD  - BASTAM – DAMGHAN – QOM  (17 jours)

 

Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

 

 


L’Iran du nord-ouest : à la croisée des cultures et des civilisations

30 mai au 14 juin 2015

Moins connu que l’Iran du centre, l’Iran occidental est pourtant d’une grande richesse et diversité : églises arméniennes, vestiges antiques (ourartéens, sassanides), forteresses imprenables, témoignages précieux et spectaculaires des Mongols et des Turcomans. Ce voyage permet de découvrir des jalons historiques majeurs dans cette zone de partage entre plusieurs cultures (arménienne, turque, persane), au long d’un itinéraire allant des magnifiques paysages d’Azerbaïdjan à Téhéran.  

TABRIZ – ORUMIYEH – MAKU – MARAGHEH – TAKHT-E SULEYMAN – ARDABIL – ZANDJAN   –SOLTANIYEH – QAZVIN – ALAMUT – TÉHÉRAN  (16 JOURS)


Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

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