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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 00:02

Le mihrab dit d’Uldjâitu fut créé en 1310. Sculpté dans le plâtre, autrefois peint, il est l’un des plus beaux mihrabs de ce type, d’une virtuosité technique et d’un raffinement esthétique remarquable. Il se trouve aujourd’hui dans une salle de la mosquée du Vendredi d’Ispahan, située à côté de l’iwan ouest.

 

 

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Photographies : Patrick Ringgenberg


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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 08:47

 Place Naqsh-e Djahan, début du XVIIe siècle.

 

 

Construite entre 1612 et 1627 par le roi safavide Shâh Abbâs Ier, la mosquée Royale à Ispahan (aujourd’hui la mosquée de l’Imam) est l’une des plus belles mosquées d’Iran. Conçue par un architecte de la ville, Ali Akbar Esfahâni, elle possède, à la différence de tant d'autres mosquées transformées au cours des siècles, une remarquable unité architecturale et décorative. Son splendide décor de céramique émaillée, où des motifs végétaux (symboles paradisiaques) s'associent à des calligraphies de la parole divine (noms saints, versets coraniques), emploie principalement du jaune (évoquant le soleil et la lumière divine), du bleu et du turquoise (des couleurs associées au ciel dans la tradition persane). 

 

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Bordant un petit côté de la place Naqsh-e Djahân, elle est annoncée par un haut portail décoré de mosaïque de céramique émaillée.

 

 

Voyageurs 2185

 

 

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Dans le vestibule d’entrée, surmonté d’une coupole, un désaxement de 45° entre la salle à coupole et son iwan a été rendu nécessaire pour aligner le portail d’entrée sur les galeries de la place, tout en orientant la mosquée vers La Mecque.

 

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La mosquée adopte un plan classique : une cour quadrangulaire, dont le milieu de chaque côté est bordé d’un iwan. Exceptionnellement, chaque iwan précède une salle carrée surmontée d’une coupole. Beaucoup plus grand que les trois autres, le dôme de la salle principale de la qibla (l'orientation vers La Mecque) est le seul à être couvert de céramiques émaillées.

 

Isfahan, mosquée de l'Imam

 

 

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Flanqué de deux minarets, l’iwan sud précède la salle de prière principale, contenant un mihrab et un minbar en marbre, et coiffée d'une majestueuse coupole à double coque.

 

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De part et d’autre de la salle à coupole sud, deux grandes salles de prière hypostyles sont voûtées chacune de huit petites coupoles. Dans la salle est, sur le mur opposé au mihrab, un panneau de céramique représente un jardin paradisiaque et des animaux.

 

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De part et d’autre des salles hypostyles, à l’est et à l’ouest, deux madrasas faisaient de la mosquée un centre d’étude. Restaurées au XIXe s., elles ne comportent qu’un seul étage de pièces d’habitation, mais leur cour offre un point de vue unique sur le grand dôme de la salle de prière sud.

 

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Comme la salle de prière sud, les salles de prière est et ouest sont des salles à coupole précédées d’un portail (d’un iwan), mais de taille plus petite. Elles sont également décorées, à l’intérieur, de carreaux de céramique, déclinant surtout des motifs floraux et des calligraphies de versets coraniques.

 

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Pour en savoir plus la mosquée persane et sa symbolique, on pourra lire 

Le symbolisme de la mosquée persane

 

Photographies : Patrick Ringgenberg, à l'exception de l'image satellite (Google Earth, droits réservés).

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 08:31

Les cités iraniennes abritent des trésors peu connus et peu visités : des centaines de maisons traditionnelles, datant pour la plupart de l'époque qâdjâre (1779-1925), dissimulées par de hauts murs, parfois laissées à l'abandon. La maison des Fatemi à Nâ'in témoigne de cette richesse le plus souvent délabrée. Les images ont été prises en septembre 2001, alors que la maison faisait l'objet de restaurations.

 

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Photographies : Patrick Ringgenberg

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 08:12

En 1604-5, alors que la guerre entre l’Empire ottoman et l’Iran safavide dure depuis des décennies, Shâh Abbâs Ier décide de contrer l’avancée ottomane en Arménie par la tactique de la terre brûlée : il fait détruire des récoltes et des cités, et déporte des centaines de milliers d’Arméniens dans les villes iraniennes. Il fit ainsi emmener 20’000 habitants de Djolfâ, une cité commerçante près de l’Araxe, à Ispahan, où ils s’installèrent dans un quartier baptisé la Nouvelle Djolfâ. En échange de ses bons et loyaux services, le roi octroya à la communauté une indépendance administrative et judiciaire et le monopole du commerce de la soie. Sa prospérité favorisa une étonnante floraison artistique et intellectuelle, dont témoignent encore treize églises. La plus importante est la cathédrale de Vank (1658-62). Construite en briques, son plan s’inspire des mosquées à coupole sur pendentifs safavides. Les céramiques sont arméniennes par leurs thèmes religieux, et safavides par la technique et certaines scènes bucoliques. Les peintures murales intérieures sont de style italo-flamand ponctué d’influences russes : elles représentent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que la vie de saint Grégoire l’Illuminateur, qui convertit l’Arménie au christianisme au début du IVe siècle. Les douze autres églises datent presque toutes du XVIIe s.: Saint-Grégoire-l’Illuminateur a été construite au XVIIIe siècle, Saint-Etienne et Saint-Jacques ont été restaurées au XIXe siècle. Leur esthétique est analogue: une architecture en briques mi-arménienne, mi-safavide, des peintures et des céramiques mi-orientales mi-européennes.  

 

 

Le témoignage de Jean Chardin (XVIIe siècle)

 

Un riche marchand du lieu, nommé Avadick, qui avait voyagé en Italie, s’était laissé persuader que de peindre les églises était d’un grand mérite devant Dieu, parce que les églises pleines de peintures lui sont bien plus agréables que les autres. Ce marchand, dis-je étant de retour à Julfa [c’est-à-dire la Nouvelle Julfa à Ispahan], se mit à importuner l’évêque et les moines pour lui laisser peindre l’église. Elle était auparavant nue, à la manière des Arméniens qui ne souffrent point de représentation dans leurs églises, qu’un tableau de la Vierge avec son enfant dans ses bras, posé sur la table sacrée. Après beaucoup de résistance, on y consentit enfin, mais on s’en est bien repenti depuis ; car les Mahométans viennent à cette église, comme à un théâtre, pour se divertir de la vue de ces peintures. Il leur en faut ouvrir les portes à toute heure ; et comme ils abhorrent les images, c’est une occasion à la plupart de maudire le peuple chrétien et sa religion, croyant que ces peintures sont leurs idoles et les objets de leur culte. Les Arméniens mirent plusieurs fois en délibération, de mon temps, d’ôter et d’effacer toutes ces peintures-là ; et ils l’auraient assurément fait, s’ils n’eussent appréhendé que les Mahométans ne se missent en colère de ce qu’on leur aurait ôté un divertissement.

 

Extrait de Jean Chardin, Voyage en perse, textes choisis et présentés par Claude Gaudon, UGE, 10/18, 1965, p. 306-307.

 

 

La cathédrale Vank (1658-1662)

 

 

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L’église Sainte-Bethléem (1628)  

 

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Photographies : Patrick Ringgenberg

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 00:23

 

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La mosquée Vakil

 

Construite en 1773 par Karim Khân Zand, qui avait fait de Shirâz sa capitale, la mosquée Vakil présente un plan particulier : sa cour n’est bordée que de deux iwans en vis-à-vis (au lieu de quatre, comme dans les grandes mosquées d’Isfahan par exemple), et d’une grande salle hypostyle aux colonnes torsadées et aux chapiteaux à feuilles d’acanthe, mais dépourvue de salle à coupole. Le décor ponctuel de céramiques émaillées reprend nombre de thèmes safavides, mais dans une gamme de couleurs où prédomine, à la différence des bleus, jaunes ou turquoise du siècle précédent, une association de jaune, de blanc et de rose, – cette dernière couleur apparaissant au XVIIIe siècle dans le décor. 

 

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Décor de l'iwan d'entrée.

 

 

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Salle hypostyle.

 

 

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Mihrab.

 

 

 

La mosquée Nasir ol-Molk

 

Construite entre 1876 et 1887, la mosquée Nasir ol-Molk faisait partie d’un ensemble (maison, hammam) partiellement disparu. Comme la mosquée Vakil, elle possède deux iwans en vis-à-vis et l’une de ses salles de prière a des colonnes torsadées éclairées par des vitraux.  

 

 

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Cour.

 

 

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Décor de la cour.

 

 

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Voûte.

 

 

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 Salle hypostyle.

 

 

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La mosquée réfléchie dans le bassin.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 16:10

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Construite par un souverain turc des Qara Qoyyunlu ou « Moutons Noirs », Djahân Shâh (1439-67), achevée en 1465, la Mosquée Bleue de Tabriz se visite surtout pour son décor en mosaïque de céramique émaillée, l’un des plus beaux d’Iran. Le plan de la mosquée présente, par rapport aux plans habituels des mosquées dites persanes (une grande cour à ciel ouvert, bordée de salles de prières hypostyles, d’iwans et d’une salle à coupole), un plan inhabituel, qui s’expliquerait par le climat rude de la région : une grande salle à coupole est entourée sur trois côtés (nord, est, ouest) de galeries surmontées de voûtes ou de petites coupoles. Au nord, la mosquée est flanquée d’un portail d’entrée, admirablement décoré ; au sud, du mausolée à coupole de Djahân Shâh, autrefois tapissé de céramiques au bleu profond rehaussé de motifs peints en or. Dans la robe d’émail qui pare le portail et les murs intérieurs, les nuances de bleu prédominent, accompagnées de noir, de vert, de brun-rouge, d’or. Les motifs, aux lignes parfois en relief, sont essentiellement floraux, reprenant ou s’inspirant, sur un mode stylisé ou abstrait, de motifs chinois (œillets, pivoines, arbres, paon, phénix). La mosquée Bleue fut gravement endommagée par un tremblement de terre en 1779, laissée en ruine pendant plus de 150 ans (comme en témoignent les images d’archive ci-dessous), et restaurée à plusieurs reprises au XXe s.

  

 

La Mosquée Bleue à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle

 

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Le portail d'entrée.

  

 

Tabriz-mosquee-Bleue 6787  img152

 

La salle de prière.

 

Les deux gravures sont tirées de Jane Dieulafoy, La Perse, la Chaldée et la Susiane, Paris, Hachette, 1887. 

Les deux photographies en Noir & Blanc sont tirées de Ernst Diez, Die Kunst der islamischen Völker, Berlin-Neubabelsberg, Akademische Verlagsgesellschaft Athenaion, 1915. 

 

 

Le portail d’entrée

 

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La salle de prière

 

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Le mausolée

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Photographies : Patrick Ringgenberg

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 15:55

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Dans les environs de Yazd, Saryazd est une ville miniature fortifiée, toute en pisé et en briques, aujourd'hui inhabitée. D’époque qâdjâre, elle servit de refuge aux habitants des villages proches contre les attaques. Son architecture est exemplaire par la gestion de l’espace et des constructions, la densité du tissu construit, l’utilisation à la fois harmonieuse et fonctionnelle des volumes.

 

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Photographies : Patrick Ringgenberg.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:59

Depuis l'époque sassanide (IIIe-VIIe siècle), l'Iran a abondamment utilisé la salle à coupole pour ses édifices, pour les temples et les palais à l'époque préislamique, pour les mosquées, les mausolées, les palais, les madrasas, les hammams ou les riches maisons privées à l'époque musulmane. Et de l'Antiquité, l'Iran islamisé a aussi repris la symbolique des coupoles, images des sphères célestes, des paradis et du domaine divin : une signification fréquemment soulignée par le décor, qui voit des motifs géométriques rayonnants, des motifs floraux ou des calligraphies de Noms divins évoquer l'Ordre de l'univers, les jardins du Ciel, la présence de la parole divine. Voici, dans un ordre thématique et partiellement chronologique, quelques exemples de coupoles, puisés dans le vaste répertoire de l'architecture iranienne.

 

  

La coupole sassanide (IIIe-VIIe siècle)

 Coupoles-iraniennes 3106

 

Une coupole du palais de Firuzabad (IIIe siècle) : c'est le premier exemple parvenu jusqu'à nous d'une coupole sur trompes, c'est-à-dire employant un système de niches dans les angles pour assurer la transition entre le cercle de la coupole et le carré de la salle. Les coupoles iraniennes d'époque islamique s'inspireront généralement de ce modèle, bien que les Safavides aient employé également des coupoles sur pendentifs. 

 

 

Coupoles de la mosquée du Vendredi d'Isfahan, fondée au XIe-XIIe siècle 

 

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Coupole nord, 1088.

 

 

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Iwan sud, XIe et XVe siècle.

 

 

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Isfahan Mosquée du Vendredi coupole étoile II

 

Isfahan Mosquée du Vendredi coupole spirale

 

Isfahan Mosquée du Vendredi coupole toile d'araignée

 

Couloir sud-ouest, époque seldjoukide.

 

 

Isfahan mosquée du Vendredi coupole salle de prière

 

Salle sud-est, époque seldjoukide. 

 

 

Coupoles de Yazd 

  

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Mosquée du Vendredi, XIVe siècle.

 

 

Yazd Rokn od-Din

 

Mausolée de Rokn od-Din, XIVe siècle.

 

 

Yazd Bagh-e Dowlatabad

 

Palais de Bâgh-e Dowlatâbâd, 1748.

 

 

Coupoles de Kerman

 

Kerman mosquée du Vendredi 2

 

Mosquée du Vendredi, XIVe siècle.

 

 

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Hammam de Gandj-e Ali Khân, 1611-1612.

 

 

Kerman bazar

 

Coupole du bazar, époque safavide et qâdjâre.

 

 

Coupoles safavides d'Ispahan (XVIIe-XVIIIe siècle)

 

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Coupole d'entrée. Mosquée de l'Imam, 1612-1627.

 

  Isfahan mosquée Royale  

Coupole sud, vue générale et détail. Mosquée de l'Imam, 1612-1627.

 

  

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Mosquée Lotfollah, 1602-1619.

 

 

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Palais Chehel Sotun, XVIIe siècle.

 

 

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Palais Hasht Behesht, XVIIe siècle.

 

 

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Isfahan madrasa de la Mère du Shah coupole entrée

 

Isfahan madrasa de la Mère du Shah coupole iwan

  

Madrasa de la Mère du Shah ou Chahâr Bâgh, 1704-1714.

 

 

Coupoles qâdjâres de Kashan

  Kashan jardin de Fin

 

Jardin de Fin, XIXe siècle.

  

 

Kashan maison Borujerdi   

Maison Borudjerdi, XIXe siècle.

  

 

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Bazar. Coupole marchande Amin al-Dowleh, XIXe siècle. 

 

 

Photographies : Patrick Ringgenberg

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 11:36

 

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L’ancienne cité de Bam (ou Arg-e Bam) se situe dans une région désertique, au sud-est de l’Iran, dans la province de Kermân. Elle fut sans doute fondée au début de notre ère, à l’époque parthe (vers les Ier ou IIe siècles après Jésus-Christ) ou au début de l’époque sassanide (IIIe-IVe siècle). Construite en briques, elle est entourée par une muraille d’environ 1800 mètres ponctuée de nombreuses tours et autrefois percée de quatre portes. Elle est dominée par une imposante citadelle, protégée par trois niveaux d’enceinte. Bordant une luxuriante oasis réputée pour ses dattes, la ville était alimentée en eau par des galeries souterraines ou qanât. Au cours des siècles, Bam fut plusieurs fois transformée et réaménagée. Nombre de ses édifices actuels, comme le bazar, remontent à l’époque safavide (XVIe-XVIIe siècle), mais certaines constructions ont été fondées à des époques plus anciennes, notamment seldjoukide (XIe-XIIe siècle) et mongole (XIIIe-XIVe siècle). Abandonnée progressivement au XIXe siècle, la cité fut restaurée au cours du XXe siècle, principalement sa citadelle, les murailles, et quelques groupes d’édifices. Le 26 décembre 2003, un violent tremblement de terre l’a détruite à près de 80% et entraîné la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la nouvelle ville de Bam et dans les villages de la région. Le site fait l’objet d’un projet de reconstruction : des équipes sont sur place, mais les travaux, jusqu’à présent, se limitent essentiellement à des repérages et à des déblaiements.
 

A voir

 

Galerie d'images

 

Visions panoramiques de Bam avant et après le tremblement de terre

 

 

Bibliographie

 

Gilles Anquetil / Bruno Lenormand, Bam, sentinelle de sable, Paris, Gallimard, 2004

 

Reza Shirazian / Bijan Rohani, The Bam citadel. A comprehensive introduction report, Téhéran, Iranian Cultural Heritage Organization, 2004 [étude préliminaire sur l’état de l’ancienne Bam après le séisme].

 

 Bam

 

Vue satellite, après le tremblement de terre. Source : Google Earth.

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 10:32

 

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Mosquée du Vendredi, Ispahan, XIe-XIIe siècle.

Photographie : Patrick Ringgenberg

  

  

La mosquée de type persan apparaît en Iran au tournant des XIe-XIIe siècles. Son architecture reprend les éléments fondamentaux de la mosquée dite arabe (cour, salle, mur qibla), mais elle les intègre dans une construction employant des formes d’origine iranienne et préislamique (iwan, salle à coupole). La mosquée persane se compose d’une cour rectangulaire à ciel ouvert, entourée de salles de prière hypostyles, formées d’une succession de petites coupoles. Le milieu de chaque côté de la cour est occupé par un grand portail voûté plus ou moins profond : un iwan ou eivan. Une salle à coupole, précédée d’un iwan souvent flanqué de deux minarets, contient le mur de la qibla, orienté perpendiculairement vers La Mecque. Né au centre de l’Iran (Zavâreh, Ardestân, Isfahan), ce type d’architecture va ensuite influencer les mosquées d’Asie centrale (Samarkand, Hérat, Boukhara) et partiellement des mosquées mogholes de l’Inde du Nord (Lahore, Fatehpur Sikri, Delhi). D’origine iranienne, développées à partir du XIe siècle, les madrasas adoptent un plan analogue aux mosquées de type persan : une cour quadrangulaire, entourée sur un ou deux étages des chambres d’étudiants, et dont le centre des quatre côtés est pourvu d’un iwan.[1]

  

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Mosquée du Vendredi, Ardestân, XIIe siècle.

Photographie : Patrick Ringgenberg

   

La mosquée persane présente un aspect beaucoup plus construit que la mosquée arabe. Alors que celle-ci privilégie l’horizontalité et les axes orthogonaux, la mosquée persane, avec ses portails, ses voûtes et ses coupoles, se signale par une élévation monumentale et par une dialectique entre les courbes et les axes horizontaux et verticaux. Le décor est une autre de ses caractéristiques. Les premières mosquées iraniennes (XIIe-XIIIe siècles) possédaient un décor géométrique ou calligraphique de briques, et ponctuellement de stuc sculpté et peint, mais dès l’époque mongole (XIVe siècle), des mosaïques et des carreaux de céramique émaillée vont peu à peu recouvrir des espaces de plus en plus importants, transformant les édifices en symphonie de couleurs.

 

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Mosquée de l'Imam, Ispahan, 1612-1627.

Photographie : Patrick Ringgenberg

                                   

 Cette architecture peut être riche d’implications symboliques, comme l’ont suggéré ou montré, diversement, les travaux de Nader Ardalan et Laleh Bakhtiar, Henri Stierlin et Ulya Vogt-Göknil.[2] Dans leurs analyses, la mosquée persane apparaît comme un univers en réduction : alors que la mosquée arabe constitue l’écrin épuré de la prière, la mosquée de type persan participe, par son architecture et son décor, à une symbolique cosmologique et paradisiaque.

D’abord, la structure quaternaire de la cour, avec ses quatre iwans, se réfère à une structure métaphysique et cosmologique. Évoquée dans le Coran par les quatre fleuves paradisiaques (XLVII, 15), elle se traduit sur terre par les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre éléments. Structuré par la croix des iwans, l’espace central de la mosquée constitue ainsi une projection miniature du rayonnement divin (les quatre fleuves paradisiaques issus du Centre divin), de l’expansion cosmique (les quatre directions de l’espace) et de la composition du monde matériel (les quatre éléments). Le centre de la cour est souvent occupé par un bassin, dont les proportions géométriques régissent celles des iwans. Ce bassin central peut symboliser la Source de Vie, selon une symbolique présente dans le jardin persan, et il peut évoquer aussi, au sens mystique, le miroir de l’âme, qui reflète le Ciel. La cour quadrangulaire constitue, en quelque sorte, la salle dont la voûte céleste est la coupole naturelle. L’architecture s’inscrit ainsi dans son environnement cosmique : la cour de la mosquée est un monde dont le ciel est le toit. La cour à ciel ouvert est un espace « alchimique », ouvert sur l’infini et néanmoins intime. Elle est un espace extérieur, ouvrant sur l’immensité du dôme céleste, tout en étant une enceinte, qui retient l’homme dans un volume défini et intériorisant. 

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Mosquée du Vendredi, Ispahan, XIe-XIIe siècle.

Source : Google Earth   

 

La salle à coupole, qui accueille le mur de la qibla, est une synthèse du Ciel et de la Terre, comme on a eu l’occasion de le voir. Les quatre iwans de la cour forment des lieux intermédiaires entre la cour et les salles couvertes : ils sont des espaces intérieurs, puisque couverts, tout en étant entièrement ouverts sur la cour. Décorés dans leur partie haute de muqarnas plus ou moins monumentaux, ils évoquent des grottes et des niches. Par extrapolation, ils peuvent évoquer l’univers (caverne cosmique) ou le cœur (grotte de l’âme). Leur structure, analogue au mihrab et à l’abside, évoque le Ciel et la Terre, puisqu’ils sont formés d’une base quadrangulaire surmontée d’un espace voûté, dont le décor épigraphique (noms sacrés), géométrique (souvent étoilé) ou végétal évoque le monde céleste de la parole divine, des astres ou des paradis.

 

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Mosquée de l'Imam, Ispahan, 1612-1627.

Photographie : Patrick Ringgenberg

   

Le décor, et en particulier l’ornementation polychrome de céramiques émaillées, ajoute une dimension supplémentaire à la symbolique de l’ensemble. Dans la mosquée Royale à Isfahan (XVIIe siècle), les parties visibles de l’édifice, externes et internes, sont tapissées de céramiques aux dominantes de bleu, de turquoise et de jaune et aux motifs végétaux et calligraphiques. La mosquée s’habille d’une couleur qui s’accorde avec la splendeur du ciel et de son reflet dans le bassin. Les céramiques des parties hautes opèrent une transition entre l’édifice et le ciel, comme si la mosquée se prolongeait vers la voûte céleste et formait avec elle une unité. Les émaux translucides, qui tapissent les murs, les iwans et le dôme principal, miroitent dans le soleil et évoquent un paradis dont la « matérialité », à l’image du mystère de fabrication des céramiques émaillées (une substance opaque vitrifiée par le feu), est transfigurée par et dans la lumière divine. Les motifs décoratifs végétaux (médaillons, arabesques, vases de fleurs) déclinent des images de paradis. La couleur des céramiques est aussi une palette métaphysique : le bleu et le turquoise renvoient au Ciel, le jaune (comme l’or) à la lumière divine. Composés également en céramique émaillée, les versets coraniques qui se déploient sur le fût des minarets, le tambour des coupoles ou les arcs des iwans font de la mosquée un livre enluminé, une mise en scène architecturale de la parole divine. 

 

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Coupole principale. Mosquée de l'Imam, Ispahan, 1612-1627.

Photographie : Patrick Ringgenberg

 

L’architecture de la mosquée persane miniaturise ainsi un ordre à la fois transcendant et universel : sa cour est un miroir du monde, ses coupoles sont des cieux, les émaux du décor sont les couleurs « cristallines » d’un monde immatériel et surnaturel, les ornements végétaux matérialisent les jardins édéniques du Coran, l’ombre des iwans préfigure la fraîcheur du paradis, le bleu des décors reflète le Ciel, le bassin est la source de Vie ou le miroir spirituel du cœur. Les croyants assemblés entre ses murs et sous ses coupoles prient dans un espace qui se veut une synthèse de l’univers émané de Dieu et un souvenir du paradis et de ses jardins.  

 

Patrick Ringgenberg (extrait de L'univers symbolique des arts islamiques, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 289-293)
  
 
Notes

[1] Sur la mosquée persane, on pourra voir la synthèse de Robert Hillenbrand, Islamic Architecture : Form, Function and Meaning, Edinburgh, Edinburgh University Press, 1994, p. 102-114.  

 

[2]  Cf. Nader Ardalan / Laleh Bakhtiar, The Sense of Unity. The Sufi Tradition in Persian Architecture, Chicago, The University of Chicago Press, 1973 ; Ulya Vogt-Göknil, Mosquées, Paris, Chêne, 1975, p. 67-118 ; Henri Stierlin, Ispahan. Image du Paradis, Lausanne / Paris, Bibliothèque des Arts, 1976, p. 67-83 et 159-184.

 

 

 

 

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Voyages en Iran

 


L'Iran des Religions : du zoroastrisme aux soufis

26 septembre au 15 octobre 2015

A la croisée des routes reliant le Proche et l’Extrême-Orient, l’Iran a accueilli plusieurs religions sur son sol : le mazdéisme, transformé par Zarathoustra, le manichéisme, dont les diverses influences ont atteint l’Occident et la Chine, le judaïsme, qui a conservé plusieurs souvenirs de l’histoire antique de la Perse, le mithriacisme ou culte de Mithra, qui devint la religion des légions romaines, le nestorianisme, et le christianisme arménien, qui a fait de l’Arménie le premier État chrétien. Dès l’époque musulmane, l’Iran est devenu la terre des soufis et d’une extraordinaire floraison de la philosophie platonicienne et mystique. Au XVIe siècle, le chiisme, proclamé religion officielle, fit de l’Iran un monde à part dans l’Islam. Ce voyage exceptionnel vous invite à visiter les principaux sites sacrés qui ont façonné l’Iran des religions, de la ziggurat des Élamites au sanctuaire de l’Imam Rezâ à Mashhad, en passant par les présences subtiles du soufisme et les feux pérennes des zoroastriens.

TEHERAN – SUSE – CHOGHA ZANBIL – SHIRAZ – PERSEPOLIS – YAZD – ISPAHAN – KASHAN – TABRIZ – DJOLFA – MASHHAD  - BASTAM – DAMGHAN – QOM  (17 jours)

 

Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

 

 


L’Iran du nord-ouest : à la croisée des cultures et des civilisations

30 mai au 14 juin 2015

Moins connu que l’Iran du centre, l’Iran occidental est pourtant d’une grande richesse et diversité : églises arméniennes, vestiges antiques (ourartéens, sassanides), forteresses imprenables, témoignages précieux et spectaculaires des Mongols et des Turcomans. Ce voyage permet de découvrir des jalons historiques majeurs dans cette zone de partage entre plusieurs cultures (arménienne, turque, persane), au long d’un itinéraire allant des magnifiques paysages d’Azerbaïdjan à Téhéran.  

TABRIZ – ORUMIYEH – MAKU – MARAGHEH – TAKHT-E SULEYMAN – ARDABIL – ZANDJAN   –SOLTANIYEH – QAZVIN – ALAMUT – TÉHÉRAN  (16 JOURS)


Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

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