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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 21:06

Epoque mongole (XIVe siècle)

 

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Epoque timouride (XVe siècle)

 

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Epoque safavide (XVIIe siècle)

 

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Epoque de Nâder Shâh (XVIIIe siècle)

 

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Epoque qâdjâre (XIXe siècle)

 

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Epoque Pahlavi (1925-1979)

 

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République islamique (1979-...)

 

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Photographies : Patrick Ringgenberg / M. Nozari (époque mongole)

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 23:21

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 Pierre commémorative au nom de l'Imam Rezâ. Époque seldjoukide (1122).

 

 

 À l’origine, la tombe de l’Imam Rezâ fut relativement simple : une salle de plan carré, aux murs épais, surmontée dans un premier temps, non sans doute d’un dôme, mais plus vraisemblablement d’un plafond voûté en arc. Des décors furent peut-être ajoutés déjà tôt à cette structure, bien qu’aucune source ne l’atteste, et que rien n’en ait subsisté. Le mausolée de l’Imam Rezâ subit la rage destructrice d’un souverain ghaznavide, Nâser al-Dawla Sübüktigin (règne 366/977-387/997). Il fut reconstruit, en 400/1009, par son fils et successeur, le fameux sultan Mahmud, fondateur d’un empire qui couvrait le Khorâsân, l’Afghanistan et le Nord de l’Inde. Également à l’époque du sultan Mahmud, un gouverneur de Neyshâbur, Abu’l-FazlSurî b. Mo‘tazz, ajouta des éléments au mausolée et fit construire un minaret, qui fut plus tard couvert d’or et même reconstruit, et que l’on voit aujourd’hui au sommet de l’iwan d’or, dans l’ancienne cour. C’est également à l’époque ghaznavide, sous le règne du sultan Mas‘ud (règne 421/1030-432/1040), que fut construite la mosquée Bâlâ Sar, qui borde toujours le côté nord-ouest du mausolée. Au VIIIe/XIVe siècle, le grand voyageur maghrébin Ibn Battuta passa à Tus et vit le mausolée : le sanctuaire comprenait alors, selon son récit de voyage, une grande coupole, une madrasa, disparue depuis, et une mosquée, peut-être la mosquée Bâlâ Sar, tous décorés de céramiques.

 

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La salle à coupole abritant la tombe de l'Imam, elle-même protégée par des grilles (photographie : Rowzaneh / Ganjnameh).

 

Au Ve/XIe siècle, une tribu d’origine turque, les Seldjoukides, crée en un empire  qui s’étend de l’Asie centrale à l’Asie mineure, et dont l’Iran est le cœur. Sous leur règne (429/1038-552/1157), la culture persane s’épanouit en Orient, et de nombreuses innovations architecturales et décoratives apparaissent, qui influenceront par la suite le développement architectural du mausolée : les madrasa, le plan persan des mosquées, l’emploi de céramique émaillée dans le décor architectural, l’usage plus important des muqarnas ou alvéoles géométriques. En 548/1153, le mausolée fut partiellement détruit par l’attaque d’une tribu turque, les Ghuzz, puis restauré par Sharaf-al-Dîn Abu Tâher b. Sa‘d b. Alî Qomî, à la fin de l’époque seldjoukide. Au siècle suivant, c’est l’invasion mongole de 618/1221, en particulier le pillage de Mashhad par Tulî Khân, qui porta des coups sévères au mausolée. Créateurs du plus grand empire de l’histoire, les Mongols finirent par adopter l’islam et la culture iranienne au cours du VIIe/XIIIe siècle. Deux souverains des Mongols d’Iran, les Il-khâns, entreprirent la restauration du mausolée : Ghâzân Khân (règne 694/1295-703/1303) fit construire un dôme au-dessus de la chambre funéraire, et son frère Mohammad Oldjâytu Khodâbanda, chiite convaincu enterré à Soltanyeh, fit effectuer les travaux de reconstruction.

C’est au cours des siècles suivants que le sanctuaire connut son véritablement développement architectural. L’époque timouride (IXe / XVe siècle) voit la construction de plusieurs édifices d’importance dans le sanctuaire de l’Imam Rezâ. Épouse du souverain Shâh Rokh, la pieuse Gowhar Shâd fait édifier une grande mosquée, achevée en 821/1418.

 

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La mosquée Gowhar Shâd.

  

On attribue également à Gowhar Shâd  la création, sans doute à la même époque, de deux rewâq ou portiques, construits côte à côte dans un axe sud-ouest-nord-est : le Dâr al-Hoffâz, entre la grande mosquée et la chambre funéraire, et le Dâr al-Siâdeh, plus vaste, reliant l’iwan nord-est de la mosquée au côté sud-est de la chambre funéraire. Trois madrasa sont également construites au nord-ouest de la chambre funéraire : la madrasa Parizâd vers 820/1417-821/1418, puis juste à côté la madrasa Bâlâ Sar vers 1420-1440, aujourd’hui disparue, et enfin la madrasa Do Dar, édifiée en 843/1439.

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Le Dâr al-Hoffâz (source : archives Astân-e Qods-e Razavi).

 

 

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La madrasa Do Dar.

 

 Mîr Alî Shîr Navâ’î, le vizir du souverain Hosayn Bâyqarâ, fait construire, en 875/1470-885/1480, un grand iwan dans une petite cour (sahn-e Kohna, aujourd’hui sahn-e Enghelâb) : c’est cet iwan qui sera par la suite couvert d’or par Nâder Shâh en 1145/1732-1146/1733, et qui, depuis l’agrandissement de la cour par Shâh Abbâs Ier en 1021/1621, trône au milieu de son côté sud-ouest.

 

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L'iwan d'origine timouride dans la cour ancienne.

 

En 907/1501, Shâh Ismâil Ier se fait couronner à Tabriz. Héritier d’un ordre soufi remontant au début du VIIIe/XIVe siècle, il fonde la dynastie royale des Safavides. Il proclame le chiisme duodécimain religion officielle de la Perse, afin de donner une unité politique et un souffle spirituel nouveaux au pays. Dès lors, les lieux de pèlerinage chiites acquirent une importance, à la fois spirituelle et politique, accrue. Second souverain de la dynastie, Shâh Tahmâsb Ier (règne 930/1524-984/1576) fait couvrir d’or le minaret – certains auteurs lui attribuent sa (re)construction – et dore aussi le dôme du mausolée. Après le pillage répété du mausolée par les Ouzbeks, Shâh Abbâs Ier (règne 996/1588-1038/1629) ordonne de grands travaux. En 1010/1601, après un pèlerinage à pied d’Ispahan à Mashhad, il fait à nouveau recouvrir le minaret et le dôme avec de l’or. Puis, en 1021/1612, il fait agrandir la petite cour dans laquelle trône l’iwan de Mîr Alî Shîr Navâ’î, afin de lui donner une apparence plus imposante. Au milieu des côtés sud-est, nord-est et nord-ouest de cette cour rectangulaire (sahn-e Atiq ou sahn-e Enghelâb), le souverain fait édifier trois autres iwans imposants et richement décorés de céramiques émaillées.

 

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L'ancienne cour (sahn-e Atiq ou sahn-e Enghelâb). 

 

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 L'iwan nord-est de l'ancienne cour.

 

À proximité du tombeau de l’Imam, plusieurs édifices sont également construits pendant le règne de Shâh Abbâs Ier : le rewâq Towhid Khâneh, situé entre l’ancienne cour et le Dâr al-Fayz ; la tombe du vizir de Shâh Abbâs Ier, Hâtem Khân Ordubâdî Tabrîzî E‘temâd-al-dawla ; une salle à coupole de plan octogonal, accueillant la tombe d’un général du souverain, Allâhverdi Khân.

  

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Le mausolée d'Allâhverdi Khân (photographie : Masud Nozari).

 

Les souverains safavides ultérieurs manifesteront moins d’ambitions architecturales, et limiteront volontiers leurs interventions à quelques restaurations : Shâh Abbâs II restaura l’iwan nord-est de la cour en 1059/1649, et Shâh Solaymân fit réparer le dôme d’or, endommagé par un tremblement de terre en 1084/1673. Sous ces deux souverains, plusieurs madrasa sont fondées : la madrasa Mirzâ Dja’far, qui existe encore, la madrasa Kheyrât Khân, détruite et reconstruite après la Révolution, et la madrasa Pâ’în-pâ, détruite à l’époque Pahlavi.

 

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 La madrasa Mirzâ Dja’far.

 

Après la chute de la dynastie safavide, l’Iran connut, pendant plusieurs décennies du XIIe/XVIIIe siècle, une situation politique instable, marquée par des guerres et des troubles socio-économiques. Nâdir Shâh Afshâr (règne 1147/1736-1160/1747), qui fit un temps de Mashhad sa capitale, sauva l’Iran de l’éclatement et le protégea aussi des invasions étrangères, ottomane et russe. En 1145/1733-1146/1734, il fit réparer et dorer l’iwan sud-ouest de la cour construite par Shâh Abbâs Ier, redora également le minaret, et fit édifier et dorer un minaret au-dessus de l’iwan nord-est de cette même cour.

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 L'iwan d'or ou "Iwan Nâderi", dans l'ancienne cour.

 

 L’Iran retrouva une stabilité politique avec les Qâdjârs (1210/1795-1925), une dynastie d’origine turkmène qui fit de Téhéran la capitale du pays. En 1232/1817-18, Fath-Alî Shâh fait construire une nouvelle cour, sahn-e Now, rebaptisée sahn-e Âzâdi après la Révolution islamique. Située au sud-est du mausolée de l’Imam, son plan est analogue à la grande cour voulue par Shâh Abbâs Ier, bien que de taille plus petite. Elle fut décorée de céramiques émaillées près de deux décennies après sa construction, pendant le règne de Mohammad Shâh (règne 1250/1834-1264/1848), et son iwan nord-ouest, donnant accès au mausolée, couvert d’or sous le règne de Nâser-al-Dîn Shâh en 1282/1865.

 

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La nouvelle cour (sahn-e Âzâdi).

 

 Un fils de Fath-Alî Shâh fit également construire une madrasa, dite de Alî-Naqî Mîrzâ Heshmat-al-dawla, aujourd’hui détruite et recouverte par plusieurs rewâq. Des inscriptions mentionnent des travaux de réparation ou de nettoyage effectués par les souverains qâdjârs Mohammad Shâh, Nâser-al-Dîn Shâh et Mozaffar-al-dîn. C’est aussi à l’époque qâdjâre que se généralise l’emploi de la mosaïque de miroirs pour décorer l’intérieur des rewâq

 

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Le sanctuaire au XIXe siècle (source : archives Astân-e Qods- Razavi).

 

 Le XXe siècle verra les transformations les plus radicales du sanctuaire, désormais enserré par une ville qui avait grandi au cours des siècles. Couronné en 1925 sous le nom dynastique de Pahlavi, Rezâ Shâh est un colonel et un ancien ministre de la guerre sous les Qâdjârs. Il va inaugurer une modernisation et une occidentalisation souvent brutales d’un pays alors appauvri, divisé, peu industrialisé, pillé par les puissances étrangères. En 1307S/1928, Rezâ Shâh ordonne la construction d’une route circulaire autour du sanctuaire, appelée Falaka. Construite entre 1308S/1929 et 1312S/1933, elle impliqua la destruction de nombreux édifices historiques, notamment d’une madrasa safavide (Fâzel Khân) et d’une madrasa qâdjâre (Hâdj Sâleh).

 

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La route en anneau autour du sanctuaire  (source : archives Astân-e Qods- Razavi).

 

 Pour exposer et abriter les innombrables trésors du sanctuaire, la construction d’un musée fut commencée en 1316S/1937 sur un espace situé au sud-ouest de la nouvelle cour construite par Fath-Alî Shâh : appelée sahn-e Pahlavi, cette cour fut renommée sahn-e Imam Khomeyni après la révolution, et dans les années 2000, elle fut couverte d’un immense toit supporté par d’épaisses colonnes pour devenir le rewâq Imam Khomeyni. Le musée, qui ouvrit seulement après la guerre en 1924S/1945, fut conçu par un archéologue français, André Godard (1881-1965). Il devait abriter des collections de Corans enluminés, de tapis et d’objets divers, une bibliothèque, et accueillir également, dans une partie du rez-de-chaussée, la tombe d’un fameux théologien safavide, Bahâ’-al-Dîn Ameli ou Sheykh Bahâ’î (mort en 1030/1621). La construction du musée entraîna la destruction de plusieurs édifices historiques, notamment d’une madrasa safavide (Pâ’în-pâ, 1087/1676) et du bazar Âsaf-al-dawla.

Le règne de Mohammad-Rezâ Pahlavi apporta de plus grands changements encore au sanctuaire. La route en anneau (le Falaka) autour du sanctuaire fut considérablement élargie dans les années 1970. Tous les bâtiments qui s’étaient agrégés au complexe au cours du temps (bazars, caravansérails, hôtels traditionnels), mais n’appartenant pas au noyau historique du sanctuaire furent détruits, et l’espace ainsi dégagé transformé en vaste pelouse. Dans les années 1970 également, le musée construit dans la cour Imam Khomeyni fut détruit, les objets et la bibliothèque transférés dans un édifice formant le côté sud-est de la même cour (1356S/1977), et un long bassin rectangulaire aménagé dans la cour. Entre les années 1950 et 1970, plusieurs rewâq furent construits, transformés ou restaurés, afin d’accueillir un nombre croissant de pèlerins dans des espaces plus larges ou ouverts. La salle à coupole abritant le tombeau de l’Imam fut également réaménagée : en 1344S/1965, le mur porteur nord-ouest fut détruit afin d’agrandir l’accès au zarih.

 

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Le sanctuaire à la fin des années 1970, après l'agrandissement du Falaka et sa transformation en pelouse (source : archives Astân-e Qods- Razavi).

 

Le dernier cycle de constructions et d’aménagements, entrepris sous la République islamique, est sans doute le plus impressionnant. Si l’époque Pahlavi avait vu une forme d’épuration du sanctuaire, réduit à ses édifices les plus essentiels, les travaux menés à bien entre les années 1980 et 2000 ont conduit à nouveau à une expansion, jusque-là inconnue, du sanctuaire.

 

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Le sanctuaire à la fin des années 1980 (source : archives Astân-e Qods- Razavi).

 

Ce fut d’abord, l’année même de la Révolution (1357S/1979), la fondation de l’université islamique, construite entre deux anciennes madrasa safavides, Mîrzâ Dja’far et Khayrât Khân, situées à l’est de l’ancienne cour. Une nouvelle bibliothèque fut édifiée entre 1402/1982 et 1414/1994 au nord du sanctuaire, abritant d’inestimables manuscrits et documents administratifs anciens ainsi qu’une collection d’ouvrages récents sans cesse alimentée.

 

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Cour d'entrée de la bibliothèque centrale.

 

Deux nouvelles cours furent construites à la fin des années 1980 : la grande cour Djomhuri-ye Eslâmi en 1368S/1989, bordant en partie la madrasa timouride Do Dar, et la cour Qods, achevée en 1411/1991 derrière la grande salle à coupole de la mosquée Gowhar Shâd.

 

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 La cour Djomhuri-ye Eslâmi.

 

 

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La cour Qods. 

 

 À l’intérieur même du sanctuaire, autour du mausolée de l’Imam, plusieurs rewâq furent construits, transformés ou réaménagés dans les années 1980-1990. Un grand rewâq, le Dâr al-Welâyeh, fut construit en 1405/1985-1409/1989, qui relie le cœur du sanctuaire à la cour Enghelâb et à la cour Djomhuri-ye Eslâmi.  

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Le Dâr al-Welâyeh.

 

Des travaux plus considérables encore furent entrepris dans les années 1990 et surtout 2000. Autour du complexe élargi, de nouvelles cours furent construites, pour faire la jonction avec la ville : l’immense cour Djâme’ Razavi au sud-ouest, les cours Kowsar et Ghadir au sud-est et nord-ouest respectivement, la cour Hedâyat au nord-est. Des rewâq importants furent encore édifiés. Un grand espace hypostyle souterrain, le Dar al-Hudjah, fut aménagé sous la cour Enghelâb. L’ancienne cour Pahlavi, ou cour Imam Khomeyni, fut transformée en rewâq par la construction d’un grand toit soutenu par des colonnes monumentales.

 

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La cour Djâme’ Razavi.

 

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 Le rewâq Imam Khomeyni.

  

Tout autour du sanctuaire, des galeries, des sas et des arcades ont été construits, qui permettent un accès sécurisé des pèlerins. La route en anneau qui ceinturait le complexe à l’époque Pahlavi a disparu, pour laisser place à des routes passant sous le sanctuaire, et donnant également accès à de vastes parkings souterrains. Au début des années 2010, des secteurs demeurent inachevés, tel portail ou tel minaret attendent encore leurs décors, mais les grands travaux sont terminés. Le sanctuaire est définitivement entré dans une ère moderne et nouvelle, qui voit un lieu de pèlerinage millénaire aménagé selon les travaux d’ingénierie et d’urbanisme les plus contemporains.

 

 

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Le sanctuaire en 2011 (photographie : Masud Nozari).

 

 

 

Photographies : Patrick Ringgenberg (sauf indication contraire).

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 23:06

 safarli 16  

La tombe de l'Imam Rezâ à Mashhad.

 

 

Une question de succession fonde la spiritualité chiite. En 11/632, le Prophète Muhammad meurt à La Mecque, sans héritier mâle, et sans avoir donné d’indications claires à propos de sa succession à la tête de la jeune communauté musulmane. Une majorité de croyants élit alors Abu Bakr comme calife, mais une minorité considéra que seul Alî b. Abî Tâlib pouvait être le digne chef spirituel de la communauté : cousin du Prophète, converti de la première heure, il avait en effet épousé la fille de Muhammad, Fatima. Alî ne sera finalement que le quatrième des quatre califes, après Abu Bakr, Umar et Uthman, mais pour ceux que l’on va appeler les « chiites » (de shi’a, « partisan »), Alî n’est pas le dernier des califes, mais le premier des Imams, véritables héritiers spirituels du Prophète. Dans un contexte troublé et tendu, Alî devient calife en 35/656, et son court règne, éclairé et courageux, est une suite incessante de luttes et de batailles. Il est assassiné en 40/661 à Kufa (Irak), puis enterré dans le lieu proche de Nadjaf. À sa mort, le monde musulman est irrémédiablement déchiré par des divisions politiques et des divergences religieuses. À Damas s’est installée la première dynastie royale de l’histoire musulmane, les Omeyyades, renversés en 132/750 par les Abbassides, fondateurs d’une nouvelle capitale du monde musulman, Bagdad. Alî laisse deux fils, Hassan et Hosseyn, qui deviendront les IIe Imam et IIIe Imams. Mort en 49/669, Hassan renonça à l’exercice du pouvoir en faveur du calife Mu‘âwiya, qui fonda la dynastie omeyyade. Hosseyn refusa de faire allégeance au successeur de Mu‘âwiya (Yazid Ier), et fut massacré avec ses compagnons, par les troupes omeyyades, en 61/680 à Kerbala (Irak) : cet événement (le jour d’Âshurâ) est toujours commémoré rituellement par les chiites, notamment par une théâtralisation rituelle du drame. 

 

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 La bataille de Kerbala. Peinture qâdjâre.

  

 Après Hosseyn, huit autre Imams se succédèrent de père en fils: ‘Alî Zayn al-‘Âbidîn (IVe Imam, mort en 92/711ou 95/714), Muhammad al-Bâqir (Ve Imam, mort vers 119/737), Dja‘far al-Sâdiq (VIe Imam, mort en 148/765), l’un des plus grands savants de son temps, Musâ al-Kâzim (VIIe Imam, mort en 183/799), Alî al-Rezâ (VIIIe Imam, mort en 203/818), Muhammad al-Taqî (IXe Imam, mort en 220/835), ‘Alî al-Naqî (Xe Imam, mort en 254/868), al-Hassan b. ‘Alî al-‘Askarî (XIe Imam, mort en 260/874). Le douzième Imam, Muhammad b. al-Hassan al-‘Askarî, appelé le « Mahdî », connut un destin particulier. Il disparut mystérieusement alors qu’il était enfant, en 260/874, tout en communiquant avec la communauté chiite par l’intermédiaire de quatre représentants ; puis en 329/941, il disparut complétement – c’est sa « Grande Occultation » –, et selon les traditions chiites, il reviendra à la fin des temps pour restaurer la connaissance et la justice dans un monde obscur et perdu.

À l’origine, le chiisme est une doctrine spirituelle et une imamologie, fortement teintées de mystique et d’ésotérisme. Au cours du temps, et notamment à l’époque safavide, il connut des codifications philosophiques et juridiques plus ou moins complexes et diversifiées, et sa doctrine devint la spécialité d’un clergé structuré de mollâ. Pour les chiites, les Imams ne furent pas seulement des guides spirituels, des maîtres en théologie et en science ésotérique, ils sont également, invisibles et immuables, des intermédiaires intimes et secrets entre Dieu et les hommes. À un point de vue métaphysique, ils sont comme autant de faces de Dieu tournées vers le monde et les hommes ; ils sont les intermédiaires de la connaissance de Dieu, les voies et les organes par lesquels les croyants sont investis d’une connaissance et d’une spiritualité qui les purifient et les rendent, à mesure de leur être, plus intimes de la Divinité. La relation spirituelle avec les Imams constitue de fait le cœur de la foi chiite, et elle explique l’importance des pèlerinages aux tombeaux des Imams, en particuliers à ceux de Alî à Nadjaf, de Hosseyn à Kerbala et de Rezâ à Mashhad. Le Prophète Muhammad avait interdit le culte des morts et les tombes somptueuses, mais dès les premiers siècles de l’islam des mausolées furent édifiés pour les saints et les grands personnages. Le chiisme a largement contribué au développement des lieux de pèlerinage, car la tombe d’un Imam, ou la sépulture de l’un de ses descendants (les Imamzâdeh), est un lieu privilégié pour entrer en contact avec leur présence spirituelle et, à travers elle, avec Dieu. Vénéré à Mashhad par plusieurs millions de pèlerins chaque année, le mausolée de l’Imam Rezâ doit sa popularité à au moins deux faits : il est le seul Imam enterré en Iran (les autres Imams sont enterrés soit en Irak, soit dans la Péninsule arabique), et il est enterré dans un pays devenu la patrie protégée du chiisme duodécimain depuis le Xe/XVIe siècle.

L’Imam Alî al-Rezâ est le fils du VIIe Imam, Imam Musâ al-Kâzim, mort en prison à Bagdad en 183/799, et d’une esclave, d’origine sans doute nubienne. Il est né à Médine en 148/765, plus probablement en 151/768 ou 153/770, peut-être même en 159/775-76. Héritant la fonction d’Imam, il vécut sa jeunesse à Médine. Fidèle transmetteur des traditions de son père, il émit des fatwa (des avis de droit) dans la mosquée de la ville et écrivit plusieurs petits traités, notamment un texte sur les remèdes et la santé (Al-Resâlat al-dahabîya) et un recueil de hadiths (Sahîfat al-Rezâ). Comme pour les autres Imams, la littérature chiite lui attribue des miracles et des facultés extraordinaires, tels que la prévision des événements futurs, l’interprétation des rêves, la lecture des pensées de ses interlocuteurs, la connaissance de tous les langages humains et animaux. Longtemps, l’Imam Rezâ se tint en dehors des affaires politiques de son temps. Mais en 200/815-16, le calife abbasside al-Ma’mun, désirant initier une politique favorable aux chiites, invita l’Imam à venir à Merv, cité du Khorâsân aujourd’hui au Turkménistan. L’Imam se mit en route en été 201/816, sans doute après avoir effectué le pèlerinage à La Mecque avec son jeune fils Mohammad. À Merv, le calife proposa à l’Imam de renoncer au califat en sa faveur, ce que l’Imam refusa, avant de consentir, avec réticence et sous la pression de ses partisans, à être l’héritier du califat et le successeur d’al-Ma’mun. Au mois de ramadan 201/817 (le 2 ou le 5), une cérémonie prit place, au cours de laquelle les dignitaires et les commandants de l’armée à Merv firent allégeance à l’Imam, vêtu de vert pour l’occasion. Puis le 7 du même mois, une lettre d’al-Ma’mun annonçant l’investiture fut écrite pour être lue dans les mosquées de tout l’empire.

En choisissant Rezâ comme futur calife, al-Ma’mun aurait désiré transmettre la fonction califale à un descendant d’Ali, susceptible de rétablir la concorde parmi des musulmans déchirés depuis la mort du Prophète. Toutefois, le choix d’al-Ma’mun souleva de vives protestations chez les Abbassides et dans les milieux sunnites irakiens. La situation s’aggrava, et l’Imam Rezâ convainquit al-Ma’mun de partir en Irak pour résoudre les troubles. Alors que le calife et sa cour se mouvaient lentement vers Bagdad, le vizir Fazl b. Sahl, à l’influence duquel certains avait attribué la politique pro-chiite d’al-Ma’mun, fut assassiné (202/818). Quelques mois plus tard, en 203/818, ce fut l’Imam Rezâ qui tomba malade et mourut dans des conditions troubles, à Tus, une ville aujourd’hui détruite, située à une vingtaine de kilomètres de Mashhad. Selon plusieurs sources, et pour toute la tradition chiite, l’Imam fut empoisonné par une grenade ou un jus de grenade, avec le consentement ou même sur ordre du calife : l’Imam Rezâ fut dès lors considéré comme un martyr, et le calife présenté comme un assassin pervers. Ce dernier pleura pourtant la mort de l’Imam, et ordonna qu’il soit enterré à côté de son père, le fameux calife Hârun al-Rashid, mort et enterré en 193/809 dans le village de Sanâbâd, à côté de la localité de Nawqân. De retour à Bagdad en 204/819, alors que l’opposition s’était dissoute par la mort du vizir et de l’Imam Rezâ, al-Ma’mun abandonna sa politique pro-chiite, mais sut, dans son règne, restaurer l’unité d’un empire divisé par des guerres civiles et promouvoir les sciences et de la culture. 

La tombe de l’Imam, à Sanâbâd/Nawqân, fut peu à peu appelé « al-Mashhad », un terme employé pour les tombes appartenant aux martyrs de la famille du Prophète. Désormais lieu de pèlerinage, Mashhad, appelé aussi Mashhad-i Rizâ, Mashhad-i muqaddas ou Mashhad-i Tus, ne cessa de croître au cours des siècles, même si le village devenu cité ne fut guère à l’abri des guerres et des pillages. En 791/1389, la ville voisine de Tus, célèbre pour abriter la tombe du poète épique Ferdowsi, fut détruite par un fils de Tamerlan. Les rescapés trouvèrent refuge à Mashhad, qui devint à la place de Tus la nouvelle capitale de la région. À l’époque timouride (IXe/XVe siècle), le mausolée de l’Imam Rezâ s’enrichit de plusieurs constructions importantes : une grande mosquée, des portiques, trois madrasa, un iwan. Au siècle suivant, le site connaît un développement plus important encore. La dynastie safavide prend le pouvoir en 907/1501, et son premier souverain, Shâh Ismâil Ier, fait du chiisme duodécimain la religion officielle de l’Iran. Les lieux de pèlerinage chiites du pays, et en premier lieu Mashhad et Qom, où est enterrée la sœur de l’Imam Rezâ (Fâtema Ma‘suma), sont les premiers bénéficiaires de cette nouvelle orientation religieuse, d’autant plus que les Turcs ottomans ont pris le contrôle de Kerbala et Nadjaf. Shâh Abbâs Ier (règne 996/1588-1038/1629) restaure et agrandit le sanctuaire, qui s’enrichit encore au cours du XIe/XVIIe siècle de plusieurs madrasa. Une nouvelle cour est construite à l’époque qâdjâre (XIIIe/XIXe siècle), et au XIVe/XXe siècle, le sanctuaire entre dans l’ère de l’urbanisme moderne : Rezâ Shâh Pahlavi construit une route circulaire autour du complexe historique, son fils Mohammad-Rezâ isole le sanctuaire au milieu d’un large anneau de verdure et de routes, puis la République islamique lance des travaux d’aménagement considérables, à peine achevés en 2011, et qui signent l’extension maximale du site. Entretemps, Mashhad était devenue, après Téhéran, la seconde ville du pays, avec une population estimée à plus de 2'400'000 habitants en 2006.

 

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Le sanctuaire de l'Imam Rezâ aujourd'hui. Le dôme d'or couvre la tombe de l'Imâm. 

 

 

Photographies : Masud Nozari (tombe), Wikimedia Commons (peinture), Patrick Ringgenberg (sanctuaire).

 

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Voyages en Iran

 


L'Iran des Religions : du zoroastrisme aux soufis

26 septembre au 15 octobre 2015

A la croisée des routes reliant le Proche et l’Extrême-Orient, l’Iran a accueilli plusieurs religions sur son sol : le mazdéisme, transformé par Zarathoustra, le manichéisme, dont les diverses influences ont atteint l’Occident et la Chine, le judaïsme, qui a conservé plusieurs souvenirs de l’histoire antique de la Perse, le mithriacisme ou culte de Mithra, qui devint la religion des légions romaines, le nestorianisme, et le christianisme arménien, qui a fait de l’Arménie le premier État chrétien. Dès l’époque musulmane, l’Iran est devenu la terre des soufis et d’une extraordinaire floraison de la philosophie platonicienne et mystique. Au XVIe siècle, le chiisme, proclamé religion officielle, fit de l’Iran un monde à part dans l’Islam. Ce voyage exceptionnel vous invite à visiter les principaux sites sacrés qui ont façonné l’Iran des religions, de la ziggurat des Élamites au sanctuaire de l’Imam Rezâ à Mashhad, en passant par les présences subtiles du soufisme et les feux pérennes des zoroastriens.

TEHERAN – SUSE – CHOGHA ZANBIL – SHIRAZ – PERSEPOLIS – YAZD – ISPAHAN – KASHAN – TABRIZ – DJOLFA – MASHHAD  - BASTAM – DAMGHAN – QOM  (17 jours)

 

Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

 

 


L’Iran du nord-ouest : à la croisée des cultures et des civilisations

30 mai au 14 juin 2015

Moins connu que l’Iran du centre, l’Iran occidental est pourtant d’une grande richesse et diversité : églises arméniennes, vestiges antiques (ourartéens, sassanides), forteresses imprenables, témoignages précieux et spectaculaires des Mongols et des Turcomans. Ce voyage permet de découvrir des jalons historiques majeurs dans cette zone de partage entre plusieurs cultures (arménienne, turque, persane), au long d’un itinéraire allant des magnifiques paysages d’Azerbaïdjan à Téhéran.  

TABRIZ – ORUMIYEH – MAKU – MARAGHEH – TAKHT-E SULEYMAN – ARDABIL – ZANDJAN   –SOLTANIYEH – QAZVIN – ALAMUT – TÉHÉRAN  (16 JOURS)


Voyage accompagné par Patrick Ringgenberg

 

Renseignements / inscriptions : Rediscoveriran.com

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